C'est une fille d'avril [Little Gossip]


Quand la faucheuse réclame son dû...
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 C'est une fille d'avril [Little Gossip]

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Fouineuse en Chef / Rumours
Fouineuse en Chef / Rumours


Féminin | M e s s a g e s : 127
| H e r e . s i n c e : 13/01/2010
| Â g e : 24
W h e r e . a r e . y o u ? : en haut d'un arbre, à échapper à un écureuil enragé

Fiche de renseignement
|Groupe: Hybris
|Âge : 16 ans
|Apparence dans le monde des Rêves: Candy

MessageSujet: C'est une fille d'avril [Little Gossip]   Ven 18 Juin - 14:36

Never listen the rumours
because I’m the rumours, little gossip girl…

I d e n t i t é ;
.



Feat Megurine(Vocaloid) .



    Elle ne veut pas se découvrir d'un fil...
    .

    On dit de moi que je suis froide, dans mon apparence ou dans mes répliques. Pourtant, ne dit-on pas qu’être posée est une qualité en ce bas monde ? Si je ne perdais pas régulièrement mon sang froid, saisie de quelques soubresauts d’impulsivité, je vous le confirmerais. Les rumeurs aiment à raconter que cela provient de mon incapacité à me passer de nicotine, mais, tout cela est faux puisque je me rabattrais alors sur le sucre. Un souci de dépendance, que voulez-vous…Cela ne m’a jamais empêché de vous percer à jour, car, tous autant que vous êtes, j’aime vous observer, guidée par l’intuition, dans le seul but de mieux négocier ensuite. Mon nom de famille signifie rôdeuse en écossais, cela a peut-être un lien… Honing.
    Je vous en aurais bien dévoilé plus, mais, à quoi cela vous avancerait-il de savoir que je ne suis écossaise que de sang et que j’ai vécu toute ma vie dans une petite ville perdue des Etats-Unis où ils m’appelaient tous April. Ce ‘p’ unique, je le sentais dans leur bouche. Ils trouvaient cela amusant de me comparer au mois d’avril où les fleurs commencent à pousser de-ci de-là, mais, pour une fillette du mois de mai, c’est un peu idiot, vous ne trouvez pas ?
    Alors, je vous en prie, contentez-vous de m’appeler Appril Honing, ou Rumours, c’est au choix depuis mon arrivée en mai 2004, à l’âge de dix ans. En y repensant, j’en ai seize maintenant, alors cela commence à dater un peu.


C a r a c t è r e ;
.


Pour connaître quelqu’un, commence par l’observer en silence…
.

    “There’s only two types of people in the world
    The ones that entertain, and the ones that observe…”



    D’une démarche nonchalante, habituée à voir passer toute la journée des dizaines de têtes blondes, Appril se rendait dans sa chambre. Peu de monde prêtait réellement attention à elle. Seuls les plus curieux ne pouvaient s’empêcher de jeter un coup d’œil furtif à ses cheveux sortant de l’ordinaire. Elle en revanche, elle n’allait jamais vers eux. Peu importait le lieu, il lui semblait qu’un mur invisible la séparait toujours des gens qu’elle ne connaissait pas bien. Pourtant, lorsque c’était eux qui faisaient le premier pas, la violette répondait toujours de sa voix détachée à toutes leurs questions, n’hésitant pas à en poser en retour des très personnelles de façon toujours plus crûe. Beaucoup s’y étaient laissés déstabiliser, lorsque ce n’était pas son cynisme qui les empêchait de devenir vraiment chaleureux, et leur imposait du fait une réserve vis-à-vis d’elle.

    oOoOoOo

    Sortant son portable de sa poche, la jeune fille regarda l’heure. Bientôt celle du couvre feu officiel. Ce portable, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, possédait un répertoire plutôt garni. Appril n’avait jamais été la petite fille soumise de laquelle tout le monde se moquait, le genre de fille dont l’histoire avait été créée pour être triste et pathétique, et imposait presque qu’on la pleure dans les chaumières par un rude hivers. D’ailleurs, la pitié, la famille Honing l’avait toujours dénigré et n’en offrait jamais non plus. Cela peut-être que même les gens qui la croisaient sans la voir vraiment l’avaient-ils compris. Bien que cela ne veuille pas dire qu’ils savaient déjà tout d’elle…

    Etrangement, son calme apparent et sa personnalité pas vraiment arrêtée, l’entraînaient en effet aussi à avoir des réactions inattendues influées par un caractère presque opposé à celui qu’on lui prêtait. Sa façon d’aborder les situations dénotaient alors complètement avec celle qu’elle aurait adopté quelques minutes plus tôt. En vérité, elle vivait dans son cocon et lorsqu’on cherchait un peu, il était facile de la faire réagir, rougir, voir de la perdre complètement. A ce moment là, deux solutions s’offraient à l’impétueux qui s’y osait: si sa remarque ou son geste lui plaisait, un délicat baiser se posait sur sa joue, rien de plus, rien de moins ; s’il avait par mégarde touché un point sensible, il avait néanmoins tout intérêt à savoir esquiver ses fougueux réflexes. Dans les cas, toute froideur disparaissait, laissant place à des situations plus…originales que celle de marcher dans un couloir par exemple.

    La porte grinça doucement, les gonds n’avaient pas été huilés depuis un bon moment. L’ont-ils un jour été d’ailleurs depuis son arrivée il y a de cela six ans ? Quelques photos sont restées éparpillées sur le bureau près du lit. Parmi elles, des visages souriants ou surpris, d’autres prises de dos ou des gens semblaient dans des positions plus naturelles car ils n’avaient pas remarqué l’objectif pointé sur eux. Toutes avaient été prises au cours de la semaine, observées avec attention et affublées de plusieurs post-its gribouillés ça et là. De la photographie ou de la recherche, Appril serait d’ailleurs bien incapable de savoir duquel elle ne pourrait aujourd’hui plus se passer.

    Que recherchait-t-elle en agrémentant son journal de l’essence même du pensionnat ? Même elle ne le savait pas exactement.

    Quelqu’un comme elle peut-être?
    A moins que ce ne soit les traces de la personne qu’elle aurait du être ?

    Peu importait, petit à petit, ce journal était presque devenue une passion. Cela ne plaisait bien entendu pas à tout le monde. Mais, tous ne savaient pas qui étaient derrière ce nom si connu sur la toile mais bien moins important à l’orphelinat. Seuls les plus anciens, parfois ses informateurs même, ou quelques cas malins, avaient découvert son identité et n’hésitaient plus à venir négocier certaines photographies.

    La lycéenne était aussi connue pour cela chez les initiés, fine négociatrice, il y avait toujours moyen de s’arranger mais à sa façon et, dans ces cas là, elle seule avait les cartes en main, ne prêtant même plus attention à qui était « ami » ou non. Et étrangement, c’était souvent ses amis les plus proches qui se retrouvaient les plus en tête d’affiche. Les ignorés n’ayant pas beaucoup d’importance tout simplement….

    Parmi ces têtes sans nom, il y aurait probablement ses anciens petits amis en y réfléchissant un peu plus attentivement. A moins que ce ne soit eux qui l’ignoraient avec tant d’application. Elle ne le savait plus trop depuis le temps. Pourtant, elle avait toujours voulu bien faire, ne refusant jamais une offre ni même ce qu’il demandait. Mais, il la jugeait trop distante dès que l’on parlait d’amour, incapable de se comporter comme une vraie fille et gardant la même relation avec tous, petit ami ou pas. Qu’y pouvait-elle ? Devait-elle changer pour eux ? Jouer l’amoureuse pour qu’ils restent encore un peu près d’elle…Elle qui appréciait tant la chaleur humaine bien que celle-ci ne semblait jamais la combler totalement. Comme si elle cherchait toujours quelque chose qu’elle ne trouvait pas…

    There’s only two types of people in the world,
    And I’m the observer.





P h y s i q u e ;
.


Pour connaître quelqu’un, apprends ce qu’il a été, saisis ce qu’il aurait voulu être, et observe ce qu’il est…
.








Je suis un songe, un ectoplasme
Juste un mensonge, un pléonasme


    « Aïe… Tu me fais mal. » articula doucement une voix enfantine du fond de la pièce en gesticulant pour se sortir de l'emprise traîtresse d'une main inconnue.

    Dans la chambre d’où provenait la voix, une gamine était assise sur un petit tabouret devant ce qui autrefois devait se nommer un miroir. Au vu de sa physionomie de souricette sans forme, on devinait aisément qu’elle n’avait pas plus de cinq ans. Sa voix était malgré tout posée, comme si chaque mot était mesuré avec soin.

    « Arrête donc, j’ai bientôt fini. » répondit en écho une jeune femme aux traits tirés qui s’activait patiemment, habituée.

    La gamine aux cheveux d’un châtain terne replia ses jambes vers elle afin de les entourer de ses bras dénudés. Ainsi positionnée, on ne pouvait que remarquer avec plus d’intensité le blanc presque translucide de sa peau qui était l’une des caractéristiques principales des enfants des pays du nord. La lumière terne venait s’y refléter lui donnant le même type d’éclat que la Lune au dehors, brillant par endroits, blafard à d’autres. Peu commune en somme.

    « Je penche que ch’est bon. » articula la jeune femme en crachant un élastique pour le nouer à la seconde longue couette de la coiffure de la gamine.
    Celle-ci la coiffait souvent comme ça, pourtant elle n’était pas sa mère. Une simple voisine, pour deux simples couettes qui maintenaient ses longs cheveux qui sinon lui tomberaient sur les yeux. Elle trouvait cela dommage de cacher ses prunelles. Bleu. Translucide mais bleu profond comme sa sœur…Appril les détestait ces yeux et auraient tout fait pour les cacher.

oOoOoOo


    Appril finissait d’écrire dans son carnet lorsque la porte du bas claqua pour la seconde fois de la journée. Ses yeux d’un bleu sombre ne se levèrent même pas, son corps n’émit aucun sursaut alors que le stylo continuait de parcourir la dernière page de son fidèle carnet qui l’avait suivi jusqu’ici…

    Elle l’avait eu pour son anniversaire à ses cinq ans, heureuse et épanouie au milieu de ses deux parents comme l’indiquait la photo en première page. Aujourd’hui, elle en avait seize et les temps avaient bien changé. Elle ne ressemblait plus du tout à la petite Appril brunette et naïve qui souriait sur le papier jauni. D’ailleurs, même ses pommettes si roses ne ressortaient plus aussi bien qu’avant sur sa peau d’asphalte lorsqu’elle souriait. Sa beauté enfantine et parfaite avait peu à peu laisser place à une impression étrange, attirante certes par ses prunelles si sombres et voilées, mais, peu commune, plus adulte et plus distante.
    Observant cette image, elle repensa malgré elle à ce qui aurait du, aurait pu se passer, si elle n’avait pas atterrit à l’orphelinat avant…Miss Honing n’était pas d’un naturel rêveur pourtant…


    Je reste de glace face à vos spasmes
    Je ne trouve pas ma place dans vos fantasmes



    Encore une dispute, ce n’était plus la première, mais, ce fut la dernière. Pourtant, d’un point de vue extérieur, personne n’aurait pu le comprendre ainsi. L’ambiance de la maison pour les initiés était devenue depuis peu insupportable, basée sur les phrases murmurées à demi-mots depuis qu’elle sortait en ne rentrant qu’une fois sur deux. Bien entendu, elle savait ce que les voisins racontaient à son propos. Mais, l’adolescente n’en avait que faire. Elle avait tout tenté pour être la fille parfaite dont son père aurait pu être fier. Cela n’avait rien donné. Alors, à quoi bon continuer à se faire du mal ? Elle allait leur faire aussi mal qu’ils lui en avaient fait…

    Ce matin-ci, ce fut une jeune femme aux cheveux violacés, une cigarette fraîchement allumé entre ses lèvres cerises, qui descendit le grand escalier. (Si vous saviez comme elle l’avait préparé cette descente et le nombre de tentative pour fumer sans s’étouffer qu’elle avait faite…) Les légères cernes prouvaient qu’elle avait du se lever bien tôt pour obtenir ce résultat. Sa mère avait hurlé et en avait lâché le verre qu’elle tenait dans la main, répandant la totalité du jus de papaye sur le marbre neuf de la cuisine. Alerté, son père avait précipitamment quitté son bureau, observant sa fille froidement, telle une soudaine étrangère dans sa maison. Elle ne bougea pas, attendant simplement la première réaction de son géniteur. Après quelques secondes, sa main s’éleva et il tenta de la gifler alors que sa mère se retenait à grande peine de tomber dans les pommes. Appril encaissa. La cigarette tomba, délaissant quelques un de ces cendres encore rougit. La jeune fille ne pleura pas. Elle ne cria pas non plus, pas plus qu’elle ne montra à celui qui venait de la frapper que sa joue rougie lui faisait mal. Non, elle attendait la suite, une lueur accusatrice mais déterminée dans les yeux car, enfin, il la regardait elle et pas l’autre...


    Il avait ensuite tenté de l’empêcher de sortir, la regardant de haut en lui signifiant clairement qu’une enfant gâtée pareille ne sortirait pas de sa maison, et encore moins maquillé ainsi. En effet, ses yeux avaient été cernés de crayon noir dans leur totalité, rehaussant leur profondeur comme jamais. Un maquillage de fille de rue, elle le lisait dans ses yeux et cela la faisait doucement sourire, elle que l’on s’était efforcer de traiter en poupée. Cependant, contre toute réponse, la jeune fille se contenta de ramasser sa cigarette et de la replacer dans sa bouche, d’un coup d’épaule, son sac de voyage se matérialisa sur son dos.

    « Tu as terminé ? » avait-elle répondu d’un ton neutre, comme si tout ce que son père pouvait lui reprocher lui était bien égal.

    Malgré tout, celui à qui elle s’adressait ne semblait pas en avoir fini avec elle, et il le lui fit bien savoir en se plaçant juste devant la porte permettant d’accéder à la sortie, pointant son doigt sur elle. La brune se contenta de pointer son mégot à quelques centimètres de sa veste si coûteuse, lui soufflant la fumée à la figure. Il la regarda un instant, comprenant enfin ce qu’il avait refusé de voir : il n’avait plus aucun pouvoir sur sa fille. Alors, comme dernière alternative, voulant se montrer dur, il ferma la porte à clé. Cependant, cela n’eut pas l’air d’avoir l’effet escompté puisque quelques secondes plus tard, les passants purent voir une svelte adolescente sauter de la fenêtre du premier étage d’une maison victorienne, marchant négligemment dans la rue sans but précis.

oOoOoOo
Sous mon masque de fer
Des larmes qui lacèrent
Mes anciennes blessures…

    Si ses yeux avaient conservé leur teinte bleuté, bien qu’elle les camouffle souvent sous une longue mèche mal coiffé, ses cheveux avaient quand à eux bel et bien changé de couleur. Appril avait fumé-fumait-fumera, cela était vrai aussi. Mais, elle tentait d’arrêter, s’obligeant à dévorer sucette sur sucette plutôt que cette nicotine qu’au fond elle n’aimait pas tant que ça….enfin, dont elle tentait de se persuader qu’elle n’aimait pas tant que ça.



H i s t o i r e ;
.

Do you remember ?
.



    Dans son bureau, un psychologue peu connu encore du grand monde fixait d’un regard distrait la baie vitrée de son bureau. Ainsi positionné, le docteur Wholing voyait une bonne partie des buildings de la ville de Washington, en Amérique. Ses yeux gris se reportèrent avec une expression vague sur le dossier ouvert sur son bureau. « Honing » semblait le narguer l’encre imprimée dessus. Il n’y prêta néanmoins qu’une attention moindre, se préoccupant de la photo jaunie à côté.

    « Dors, mon ange dors…C’est mon enfance qui s’envole… »
    « 24/11 /92 »

    Sa voix raisonna dans la pièce vide.

    Qu’attendait-il donc en faisait cela ? Que la petite fille dormant paisiblement dans le berceau, April comme celui-ci l’indiquait, se réveille pour lui expliquer là où il avait échoué dans son analyse ? Ou bien peut-être espérait il que l’heureux père d’un si joli bébé, docteur de profession si l’on en jugeait les outils visibles sur la table en arrière plan, et qui prenait sa femme en train de sourire, en blouse blanche, allait pouvoir compléter le puzzle qu’il avait laissé derrière lui. Cependant, si l’on observait plus attentivement, on pouvait noter le teint pâle de la mère ainsi que ses cernes si profondes qu’elle ne pouvait être naturelles. L’ambiance se voulait joyeuse dans une maison typiquement américaine, mais, quelque chose clochait.

    Peut-être était-ce lié à ce document anodin auquel il n’avait dans un premier temps pas prêté attention : un livret de famille. Un carnet où l’on répertoriait habituellement les naissances, mariages, divorces…et les décès. Celui-ci était cependant un peu particulier. Deux dates paraissaient se succéder, annonçant des nouvelles contradictoires.

    « April Honing, née le 12/04/88, décédée le 28/03/93.
    Appril Honing, née le 04/05 /93. »

    La petite perle avait été fauchée par une voiture. Une mort atroce, sous les yeux de son père, de l’autre côté du trottoir, alors qu’il venait la chercher à l’école et qu’elle traversait pour venir le rejoindre. Le corps avait du être examiné par la police, et à cause d’une erreur de procédure, ne leur avait été restitué que deux mois plus tard, alors que leur second enfant était né.
    Peu de temps après, Peter, l’un de ses amis, lui demandait de bien vouloir prendre Marilyn et Theophile Honing en consultation. Le docteur n’avait dans un premier temps pas compris pourquoi son ami avait tant insisté sur les précautions à prendre avec ce couple. Après tout, des personnes ayant perdues des êtres chers dans des conditions parfois aussi horribles, il en avait vu défiler dans son petit cabinet, tout comme de nombreux autres psychologues. Mais, là où seuls les livres avaient pu l’aider, c’était lorsqu’il s’était aperçu que ces parents n’avaient jamais totalement accepté le deuil de leur premier enfant, le second n’étant qu’une projection de la première April, fausse comme son prénom.

    « Mais, je suis née en mai maman…. »
    « Alors ce sera Appril… »


    La première fois qu’ils étaient venus, la famille ne l’avait pas vraiment marqué d’ailleurs. La petite, habillée d’une jolie robe soigneusement repassée, ne parlait pas si on ne lui demandait pas, ne bougeait pas si l’on ne la regardait pas, se contentant de sourire sagement le reste du temps. Les parents semblaient doux avec elle, stéréotype de la famille qui se voulait bien sous tout rapport, pourtant, ils ne la touchaient jamais et paraissaient distant quoi qu’il arrive, comme si s’approcher de trop près du petit fantôme les dégoûtait.

    Ce ne fut que lorsqu’il prit les parents et la petite séparément que les choses changèrent. Il les avait hypnotisé, avec leur accord bien entendu, et en avait conservé les enregistrements pour tenter de mieux sonder le problème.

      « Enregistrement monsieur et madame Honing.
      Scéance numéro 12

      « -Monsieur Honing, vous acceptez donc d’être endormi afin de…
      - Oui. Finissez-en.
      - Madame Honing vous…
      - Oui, oui elle le veut aussi. Bon sang, vous ne voyez pas qu’on veut seulement comprendre ce qui lui prend ?
      - Bien… vous allez donc observer attentivement je compterai jusqu’à 3 et vous sombrerez dans un demi-sommeil totalement fictif. 1…2…3…Monsieur Honing, vous m’entendez ?
      - Oui.
      - Madame Honing ?
      - Oui. »


    Un bruissement léger se fait entendre, alors que la bande son est rapidement avancée par des doigts experts. Le problème de sommeil de la petite ne venait pas de là…

      « - Vous souvenez-vous de la mort de votre fille…
      - Ma fille est morte ? Non, non…elle va bien. Elle est juste derrière…
      - Arrête Mary…Tu sais que ce n’est pas elle. »


    Quelques sanglots étouffés sont de nouveaux coupés alors qu’un soupire lasse traverse la pièce. La bande son reprend lorsque le psychiatre ré-appuie sur « play » :

      « - De toutes manières, Appril partira, tout comme elle… Elle n’est qu’une illusion, une belle illusion…une magnifique illusion irréelle qui s’en ira…un pari perdu avec la fau-fau-fau… »


    Les doigts agacés du grand professeur psychanalyste tapote excédé le vieux magnétophone. Cette partie de l’enregistrement, il aurait pu la réciter par cœur. Théophile Honing y décrivait un pari avec la grande faucheuse où, voulant ramener à la vie sa première fille, il avait perdu sa seconde. Mais, c’était complètement fou. Comment pouvait-il en parler autour de lui ? Même celui-ci, lorsque le psychiatre lui en avait reparlé après la séance d’hypnose, s’était fait un point d’honneur à tout nier en bloc.

    De toutes manières, les Honing allaient déménager pour une ville plus reculée et avaient réclamé leur dossier. Ce n’était plus de son ressort maintenant que les terreurs nocturnes de la petite s’étaient atténuées. Elles n’étaient jamais véritablement parties, mais, leurs fréquences s’étaient considérablement amoindries avec le temps.

    D’un geste rapide, le docteur Wholing fit glisser la totalité des dossiers dans une grande enveloppe kraft sans prendre en considération l’enregistrement de la fillette. Elle n’était au courant de rien. Elle ne se sentait juste pas toujours à sa place, comme toute enfant se cherchant encore, et, lui demandait souvent ce qu’elle devrait faire pour que ses parents la regardent un peu plus, naïvement, avec un détachement trop feint pour passer inaperçu. Non, décidément, il ne pouvait plus rien pour eux… La fillette grandirait ainsi, dans un village où elle continuera probablement ses activités qui ne la passionnaient guère, ou bien, en changerait, peu importait…
    « Tu es belle comme ça Appril. »
    « Alors, pourquoi ne me regardes-tu pas partir ? »



    Peu importait quand on savait qu’elle partirait un jour loin, très loin…parmi ceux du ragnarock, qu’elle y mourrait pour mieux y revivre et arpenter les rêves des autres ; nuit après nuit, les cherchant, se cherchant…Oui, décidément, tout cela n’avait aucune importance au final. Aussi peu d’importance que d’être une âme blanche ou une âme noire si l’on était plus, si l’on était une Gossip…



L e . m o n d e . d e s . r ê v e s ;
.


You have no choice...
.


    Accès au monde des rêves du côté;Ragnarok

    Pseudonyme choisi dans le rêve; Candice, Candy

    Apparence dans le monde;
    Se tenant négligemment à une pierre taillée, une fillette de sept ans tout au plus vous fixe sans ciller de son regard violacé vide de toute émotion. Aucun sourire sur ce visage entouré de cheveux dorés dont la seule coiffe se résume en un ruban. Au grès de ses humeurs, celui-ci change de coloris, tout comme sa jolie robe à froufrou qui la cache jusqu’aux genoux. Ses petits pieds sont nus et aussi pâles que le reste de son corps. Elle est de faible constitution cela ne fait aucun doute là-dessus. Il suffisait de voir avec quelle force elle conservait près d’elle une poupée à son effigie. Celle-ci lui ressemblait trait pour trait et pourtant, ses yeux semblaient plus brillants que ceux de la petite. A moins que ce ne soit l’effet du serre-tête oreilles de renard qui donnait cette impression.






W h e n . d a r k n e s s . t u r n s . to . l i g h t ;
.

Stop dreaming !
.

Comment avez-vous connu le forum ? ; Ce n’est pas toi qui connaît le forum, c’est lui qui te connais…. mouhahaha 'w'
Combien de temps pourrez vous accorder au forum ? ; A +
C o d e ; autovalidation


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